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  • Euro Velo 6 en résumé

    Mes étapes :

    Vienne-Bratislava 76 km

    Bratislava-Mosonmagyorvár 36 km

    Mosonmagyórvár-Györ 40 km

    Györ-Komarom 41km

    Komarom-Esztergom 56 km

    Esztergomy-Budapest 85 km

    Il y a évidemment moyen de faire des étapes plus longues, par exemple en zappant les arrêts à Monsonmagyorvar et à Komarom. Györ et Esztergom méritent vraiment une petite halte, en plus bien sûr des trois capitales. De Bratislava à Esztergom, vous avez deux variantes possibles. Peu après Bratislava, vous pouvez choisir entre rive gauche du Danube, en Slovaquie ou rive droite, en Hongrie, comme je l’ai fait. La rive slovaque est plus proche du fleuve, un peu plus directe mais il y a moins de localités. Vous pouvez changer de rive à Komarno/Komarom. Les deux routes se rejoignent à Sturovo, en face d’Esztergom.

    J’ai fait l’aller à Vienne (départ de Zurich à 21h40 et arrivée à 7h58) et le retour de Budapest (départ à 20h30, arrivée à Zurich à 8h20) en train de nuit. J’ai loué un vélo à Vienne avec Vienna explorer et j’ai pu le rendre à Budapest.

    J’ai choisi de dormir dans des hôtels ou des auberges de jeunesse (à Vienne), la Slovaquie et la Hongrie sont très abordables. Il y a quelques campings sur la route. Il doit également être possible de réserver au jour le jour pour les plus aventureuses.

    Comme partout : dans les grandes villes, tout le monde parle anglais ou allemand. Ailleurs, c’est plus aléatoire.

    Désolé les puristes : pour les bonnes bières, j’ai fait confiance à Untappd et pour trouver des restos à Google maps.

    Mes coups de cœur : le Lima Pub and Hostel à Györ : très bon choix de bières, bonne ambiance (je n’ai testé que la partie pub, pas la partie hôtel) ; et Hostinec u Cierneho Psa à Komaromno, un endroit surprenant où je me suis régalé.

    Et Google Lens reste indispensable si vous n’avez pas révisé votre magyar et votre slovaque avant le départ.

    La Slovaquie est passée à l’Euro, la Hongrie est restée au forint, environ 400 pour 1 franc. Dans ces deux pays, la vie est largement moins chère qu’en Suisse mais j’ai quand même trouvé que ça pouvait beaucoup varier d’un endroit à l’autre en Hongrie (à Györ, j’ai pris un petit déjeuner pour un prix tout à fait lausannois).

    J’ai tous les jours pu trouver de quoi faire mon pique-nique (presque) facilement, dans des petits supermarchés en général.

    La suite, c’est Belgrade et la Mer noire. Apparemment, c’est un peu moins bien balisé, donc je ne repars pas tout de suite.

  • 6e étape : Esztergom-Budapest

    Voilà, c’est fini pour cette année. D’abord, il y a eu cette dernière ligne droite, presque. 80 km environ pour finir ce parcours austro-hongrois.

    D’abord reprendre le pont, retourner en Slovaquie une dernière fois. Un parcours peu agréable, entre routes partagées avec les voitures, chemins de terre ou chaussées défraîchies. Puis le village frontière de Ch’laba, où tout est neuf et tout est sauvage.

    Et le retour en Hongrie, le retour au bord du Danube, le retour à des pistes cyclables belles et agréables.

    Un des moments les plus agréables de cette semaine, avec ces petits villages au bord de l’eau. Places de pique-nique, petits cafés, toilettes publiques, tout est parfait pour les cyclistes.

    On admire Visegrad et son impressionnant château juste en face et on repart gaiement jusqu’à Vac.

    A Vac, un bac (oui) permet de changer de rive et de poursuivre en direction de Szentendre. Et même si c’est important, de Szentendre, j’ai choisi de rester de ce côté. A Vac, fausse joie : un panneau indique Budapest, 12km. Oui. Mais c’est 12km jusqu’à l’entrée de la ville et la route est encore bien longue jusqu’au centre.

    Pendant ces 12 kilomètres, les petits villages se succèdent et on zigzague entre les villas. On en profite pour un dernier expresso, une dernière glace, avant l’entrée triomphale…

    Sauf que l’arrivée à Budapest, c’est tout sauf triomphal. Des kilomètres et des kilomètres avec une route hyper bruyante pour voisine, des zones commerciales à n’en plus finir, des chantiers pour bien perdre son chemin. C’est peut-être mieux par Szentendre, je ne sais pas. Mais franchement : prenez un train ou un bus pour éviter ce dernier tronçon, ça va aussi. Même si vous manquerez l’île Margit, et puis, soudain, la vue sur la ville, l’Orgashàz au loin qui vous crie ça y est, c’est fait, c’est le bout du chemin et ça, ça vaut presque toutes les interminables arrivées dans la ville.

    Et ensuite, il ne vous reste plus qu’à profiter de Budapest – même si j’avoue qu’après une semaine seul avec mon vélo, tous ces gens, partout, tout le temps, ça fait un peu bizarre.

  • Etape 5 : Komarno – Esztergom

    (ou, en français, Comore-Strigonie)

    A 2 kilomètres près, mon étape préférée. Après moult hésitations, j’ai opté pour la rive slovaque du Danube aujourd’hui. Après la sortie de Komarno, un magnifique tracé, très roulant, sur des digues.

    (et pendant que je pédale, d’autres prennent la voiture pour promener le chien mais ça va, je juge pas (si))

    Un petit passage sur route tout de même, puis retour tout au bord du fleuve. Un petit village, Radvan nad Dunarom pour les intimes, avec un petit arrêt café au bord de l’eau, que demander de plus ? Que ce groupe de touristes anglais ne choisisse pas pile le même endroit pour s’arrêter, Ok, mais c’est uniquement parce que vous aimez quand je râle.

    Puis la route bifurque en direction d’Obid, traverse des petits affluents et des prairies humides, oui j’ai vraiment fait beaucoup de photos aujourd’hui,

    Dans Obid, une montée, ce n’est vraiment pas le Ventoux, mais c’est la première depuis trois jours alors ça surprend et au sommet, le Graal, un supermarché où compléter le pique-nique. La vendeuse m’a longuement parlé en slovaque, sans se laisser démonter par ma totale incompréhension, peut-être me conseillait-elle ce salami, peut-être me disait-elle un jour, un cycliste ne se contentera pas de prendre un peu de salami, il m’emmènera sur son porte-bagage, loin d’ici, loin de Dragomir, mon épagneul breton, et je referai ma vie, je deviendrai gardienne de phare à Sturovo, peut-être m’insultait-elle, mais plus probablement me parlait-elle des avantages comparés du salami et du jambon, je ne sais pas, je ne saurai jamais, désolé chouette Duolingo de t’avoir délaissée, six mois de leçons intensives avec toi et j’aurais pu répondre oui madame, oui, Dragomir, c’est vrai, mais la petite pomme verte a un goût étrange alors s’il vous plaît, merci. Mais enfin, je ne sais pas. Et au loin se dessinait déjà la cathédrale d’Esztergom.

    Puis la plongée vers Sturovo et après cette magnifique étape les deux pires kilomètres du parcours, le long d’une atroce route pleine de bus et de camions et ensuite un pont, encore un, une frontière, encore une, la Hongrie, encore elle, une glace, la dame m’a appris à dire merci bonjour et fruits des bois en hongrois, réponds à ça la chouette.

    Bref. Esztergom, ancienne capitale hongroise, centre religieux, lieu de naissance de St-Etienne, j’aurais été vert de ne pas la visiter. C’est beau.

    Et demain , on part par là.

  • Etape 4, Györ-Komarom/Komarno

    Le 4e jour. Celui où les jambes commencent à dire Non mais en fait c’est facile ! et le cerveau Ça fait longtemps qu’on a parlé à personne, non ?

    Alors les jambes filent, filent, on dépose le couple de cyclistes français comme Greg LeMond déposa jadis Laurent Fignon sur les Champs-Elysées, le cerveau dit Pas la peine d’arriver trop tôt, l’hôtel n’ouvre qu’à 16 heures, parce qu’évidemment c’est le jour où on a un hôtel qui n’ouvre qu’à 16 heures. Le cerveau dit On aurait peut-être dû passer par la rive nord ? je suis sûr que c’était mieux par la rive nord, là on est dans une zone industrielle, on aura rien à mettre sur le blog et les jambes disent On va quand même pas s’arrêter maintenant pour faire une photo regarde cette belle ligne droite, Gianni Bugno au lac de Vassivière et le cerveau dit Wesh les refs de vieux ! alors les jambes disent Ok, une photo mais une petite.

    Et c’est déjà Komarom, parce qu’en fait c’est très long, Komarom, ça s’étale au bord du Danube qui n’est jamais loin mais qu’on ne voit toujours pas, alors le cerveau dit On a raté le pont, non ? Je suis sûr qu’on a raté le pont et en fait ça va, il est plus loin.

    Et c’est l’arrivée, majestueuse et les jambes disent C’est ÇA, ton arrivée majestueuse ? on continue, non ? et le cerveau dit Ben non, on a l’hôtel dans à peine 4 heures, on s’arrête, alors on s’arrête et de l’autre côté du pont, c’est un peu plus majestueux.

    Mais pas trop non plus quand même.

    Et le cerveau dit Tu veux pas mettre un peu des infos utiles dans ton blog, là ? et les jambes ne disent rien parce qu’elles ne s’occupent pas de ces choses-là, alors en fait jusqu’à la première guerre mondiale Komarno et Komarom ne formaient qu’une seule ville, puis elles ont été séparées entre Tchécoslovaquie et Hongrie. Et il y a un petit centre-ville mignon de deux rues et demi et des grosses rues post-soviétiques assez laides tout autour.

    Et demain , on passe par la rive nord, ça a l’air plus joli. Mais plus long alors peut-être la sud ? Ou la nord. Ça dépendra des jambes. Et du cerveau.

  • Etape 3 : Mosonmagyórvár – Györ

    Alors oui. Parfois il n’y a pas grand chose à raconter.

    C’est comme ça. Parce qu’entre Mosonmagyórvár et Györ, on quitte le Danube pour s’aventurer un peu dans des villages hongrois. D’abord le décor est plutôt agricole, ensuite un peu moins. Les villages s’enchaînent, dans certains il y a des cafés où des boulangeries, on apprend des rudiments de hongrois, presszo et lipot, dans d’autres non. Dans certains il y a un accent sur le á, dans d’autres non.

    On est le long d’une route. Parfois c’est joli, parfois moins. Parfois il y a peu de voitures, parfois beaucoup, parfois les automobilistes sont courtoises, parfois non.

    Parfois il y a du vent et vraiment, quand c’est que je l’aurai dans le dos ? parfois on dirait qu’il va pleuvoir et parfois le vent tombe et on grille, quand vous faites du vélo oubliez pas la crème solaire sur le haut des bras.

    L’étape est courte alors pourquoi ne pas s’arrêter, pique-niquer, prendre un café, manger une glace et apprendre de nouveaux mots de hongrois, mais la dame n’a pas compris, peut-être que je prononce faux.

    Et puis l’étape est courte alors c’est déjà Györ, ça fera plus de temps pour visiter et ramener des souvenirs. J’aurais pu vous parler de Györ, comme Bill Bryson, vous raconter de passionnantes anecdotes mais je sais juste qu’ils sont en tête du championnat de football masculin, devant Ferencvaros et l’académie de l’ancien président, pas mal, non ?

    Et puis demain, peut-être qu’il y aura plus à raconter, en tout cas il y aura le Danube et même un pont.

  • Etape 2 : Bratislava – Mosonmagyórvár

    Vous connaissez Bratislava ? Ce n’est pas vraiment une destination touristique classique. Encore que, au petit matin, il faut slalomer entre des groupes de touristes et leurs guides pour se frayer un chemin jusqu’au pont qui permet de rejoindre le Danube et l’Euro Velo 6.

    Une de ces villes qu’on aurait aimé explorer un peu plus, même si on sait qu’il y a bien peu de chances qu’on y revienne. Contrairement à Mosonmagyórvár, où une soit suffit amplement. Mais n’allons pas trop vite en besogne.

    Bratislava est campée au Nord du Danube. Il suffit de passer le pont pour se retrouver hors de ville. On longe d’abord un grand parc puis on se retrouve dans la nature. Avec, cependant, des endroits où s’arrêter boire un café un peu partout. Et de superbes pistes cyclables. La Suisse, prends des notes.

    Malgré un vent très contraire aujourd’hui, malgré peu d’endroits vraiment ombragés, la balade est agréable. On quitte le Danube pour longer un petit canal, où on croise toujours autant de cyclistes, et aussi des rolleristes.

    Et franchement, c’est bien joli.

    Puis le chemin bifurque et, au détour d’un champ, on change de pays. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus grandiloquent. Les frontières, ça a l’air tellement important pour tellement de gens et puis là, on passe en quelques kilomètres d’un monde à l’autre alors on aurait pu marquer le coup, un peu, je ne sais pas. Mais non. D’un épi à l’autre, on quitte la Slovaquie pour la Hongrie et voilà, c’est réglé, des siècles de bagarre pour en arriver là

    Pourtant, dès la Hongrie atteinte, tout change, mais c’est plus la faute du chemin que de la Hongrie. Voilà qu’on quitte les prairies pour longer une route et traverser quelques petites localités polyglottes.

    Puis soudain , car cette étape était bien courte, malgré le vent, malgré la peine à démarrer ce matin : Mosonmagyórvár, déjà. Mosonmagyorvar est née de la fusion de Moson avec Magyorvar. C’est le genre d’endroit qu’on ne découvre que par ce genre de voyage : on y vient, on y chasse quelques pokémon, on y mange des glaces et du pörkölt, excellent au demeurant, on y découvre, au bout d’une bien trop longue ligne droite, un bar à bière bien sympa et puis voilà, on se dit au revoir.

  • 1re étape : Vienne-Bratislava

    Voilà, c’est parti. Pour corser un peu la difficulté, l’étape la plus longue est au début – alors oui, ok, 70 km de plat c’est pas non plus du Tadej Pogacar. Mais pour corser un peu la difficulté, je pars sans entraînement. Presque. Il y a quelques semaines, je suis allé faire du vélo avec mon fils. On a regonflé nos pneus au bout du quartier, les miens se sont redégonflés immédiatement, j’ai dit ah ben la chambre à air doit être foutue faudra que je la change et voilà, c’était toutes mes sorties vélo de 2026.

    Bref.

    Vienne, c’est une chouette ville pour le vélo. Des belles pistes cyclables, larges, bien marquées, c’est un vrai plaisir. Évidemment, j’avais choisi un hôtel bien trop loin du vrai point de départ de l’étape et évidemment, je me suis perdu 10 fois mais soudain, le voilà, le Danube, mon compagnon de ces prochains jours…

    C’est marrant, j’imaginais ça plus bleu et plus large, vous êtes vraiment sûres que c’est le Danube ?

    Ok, je me suis perdu 11 fois.

    Puis soudain, le Danube et en route pour l’aventure.

    D’abord, quitter Vienne. Une route très agréable même si c’est comme toutes les routes cyclistes de grande ville : des vélos, des joggeurs et des joggeuses, il faut un peu slalomer mais ça passe. Puis une immense zone dédiée à la grillade, avec des gens déjà en train de préparer leurs brochettes, j’ai cru qu’il était bientôt midi mais non, juste des gens très prévoyants. Puis une zone dédiée au nudisme et non, la blague est trop évidente, je ne la ferai pas, ce n’est pas mon genre mais oui, là aussi, malgré l’heure matinale il y avait déjà des saucisses grillées.

    L’Euro Vélo 6 est très fréquentée, il y règne une belle solidarité entre cyclistes, comme ce jeune homme à qui j’ai donné un peu de crème pour les mains et avec qui j’ai échangé quelques mots – je lui ai dit « un peu pénible, ce vent » et il a répondu « non, ça va ».

    Quitter Vienne, donc, puis arriver dans l’immense parc naturel Donau-Auen – une partie roulante mais un peu monotone, la route passe par une digue et suit une longue ligne droite.

    Puis soudain, enfin pas tout à fait soudain car il faut traverser un long pont – et que je commençais à avoir mal aux jambes et à faire des pauses tous les 130 mètres, Hainburg, première localité depuis la sortie de Vienne. J’en ai profité pour boire un café dans un atroce truc à touristes. Et par ne pas comprendre du tout ce que j’avais commandé, alors que c’était la dernière fois du voyage que j’étais dans un pays dont je parle la langue.

    Et puis je suis parti, plein d’allure et d’entrain et de mal de jambe et soudain, je me suis retrouvé devant un panneau Bratislava 8,5km et je n’avais jamais rien vu de plus beau, parce que je pensais qu’il en restait au moins le double. Heureusement, Eole s’est réveillée à ce moment-là, pour que ce dernier bout ne soit quand même pas trop facile. Et au bout de la seule montée de la journée, au loin, la preuve que l’arrivée n’était plus si loin.

    Ensuite, quelques kilomètres, une frontière à peine perceptible, sauf à la langue qui devient très étrangère, un dernier pont, une vieille ville très agréable et la bière de la victoire.